Nombre et taux d’hospitalisations pour asthme

À partir des données du PMSI, on décompte en 2014 un peu plus de 64000 séjours hospitaliers pour asthme survenus chez des personnes résidant en France (hors Mayotte). Près des deux tiers des séjours (65 %) concernent des enfants de moins de 15 ans. Les taux bruts d’hospitalisation es plus élevés sont observés chez les enfants, et notamment chez les nourrissons. Chez l’enfant, les taux sont plus élevés chez les garçons et, à l’inverse, chez l’adulte, ils sont plus élevés chez les femmes. L’analyse des tendances temporelles du taux annuel standardisé d’hospitalisation pour asthme, depuis 2000, montre une diminution au début des années 2000. Cependant, au cours des cinq dernières années, ce taux annuel a augmenté pour les deux sexes. Par classe d’âges, on observe une augmentation chez les enfants et les nourrissons, alors que le taux est resté stable chez les jeunes adultes (15-49 ans) et chez les 50 ans ou plus. En utilisant les données des trois dernières années disponibles (2012-2014), l’analyse des variations régionales des taux d’hospitalisation pour asthme montre que les régions les plus touchées sont les DROM (à l’exception de la Guyane) ainsi que l’Île-de-France. L’analyse des inégalités sociales de santé (taux de patients hospitalisés en fonction de la couverture maladie universelle complémentaire – CMU-C – et de l’indice de désavantage social de la commune de résidence) a été effectuée à partir des données de consommation interrégimes (DCIR), appariées aux données du PMSI. Au total, 34457 patients âgés de 2 à 49 ans et résidant en France métropolitaine ont été hospitalisés au moins une fois en 2014, soit un taux de patients hospitalisés pour asthme de 8,7 pour 10 000. Ce taux est plus élevé chez les personnes bénéficiant de la CMU-C (18,6/10000, contre 7,6/10000). Selon l’indice de désavantage social (exprimé en quintiles de population), il augmente de 7,9/10000 chez les résidents des communes les moins défavorisées à 10,6/10000 chez les résidents des communes les plus défavorisées. Chez l’adulte, le taux d’hospitalisation pour asthme est légèrement inférieur au taux moyen observé en Europe (respectivement, taux standardisé de 3,7 et 5,1/10000 en 2011).

De Madrid aux Etats-Unis

Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi l’Amérique fascinait tellement. Parce que lorsqu’on suit les événements qui s’y déroulent au jour le jour, ça ne donne pas vraiment envie de s’y installer. Sitôt sorti de la Silicon Valley, on tombe sur les taudis où vivent des milliers de sans-logis. Pourtant, la situation américaine n’est peut-être pas si lointaine de la nôtre. Il y a peu, j’ai en effet pu parler des élections américaines avec quelques personnes étrangères durant un colloque à Madrid. Nous avons en particulier évoqué la montée inattendue de Ted Cruz en Iowa. Ted Cruz, c’est cet évangéliste pur et dur qui fait frire son bacon sur le canon de sa mitraillette après une séance de tir. Un texan pur sucre jusqu’à la caricature. Lors de cette discussion, j’ai assuré à plusieurs reprises que nous ne connaissions rien de semblable en France. Mais maintenant que j’y réfléchis, j’en viens à me demander si notre pays ne suit pas une trajectoire identique à celle des Etats-Unis. Car ce qui caractérise fondamentalement ces élections, c’est bien la colère : les électeurs ne supportent plus le système actuel. Au pays du burger, ce sont des personnalités comme Ted Cruz qui font rêver les électeurs. En clair, des anti-systèmes qui promettent de mettre à mal le système actuel. Et de notre côté, nous ne sommes pas en reste, avec Marine Le Pen. Des deux côtés, c’est au fond la même histoire : comme le système montre ses limites, la population vote pour les anti-systèmes. Un phénomène qui n’est pas neuf. En fait, si je devais donner une date, je dirais que ça a commencé avec la première crise pétrolière. A ça sont venus s’ajouter tout un tas d’événements qui n’ont fait qu’accroître le défiance vis-à-vis du système : la crise de 2008, les abus de certains, l’inefficacité des politiques. Autant de pierres ajoutées à l’édifice de la colère. Et, en France comme aux Etats-Unis, et un peu partout dans le monde, d’ailleurs, l’on va clairement vers une rupture forte avec le système en place. Dans ce colloque à Madrid, une personne affirmait que ce rejet du système était un péril pour nos démocraties. Mais je trouve que c’est un point de vue pessimiste. Cela veut seulement dire qu’il est temps pour le phénix de mourir. Davantage d’information sur ce séminaire en Espagne en cliquant sur le site internet de l’organisateur.